La Zone à Trafic Limité, vue de la rue Grenette.
Ceci n’est pas un publi-rédactionnel, ni un post sponsorisé. Juste une libre contribution à un débat public local qui intéresse les citoyens comme les acteurs économiques, notamment celles et ceux qui, comme nous, travaillent au cœur de la Presqu’île.
Juin 2025.
Cette semaine, Lyon met donc en place sa Zone à Trafic Limité. Loin d’être pionnière, la ville rejoint un mouvement européen qui redéfinit les usages de l’espace urbain, repense la vie en ville. Si on peut comprendre les craintes et les angoisses que ce changement peut entraîner, on peut aussi regarder ce qu’il se passe ailleurs.
À Barcelone, depuis la création de ses « superblocks » en 2016, la pollution a chuté de 25 % et les commerces de proximité ont vu leur chiffre d’affaires augmenter de 15-20 %.
À Gand, en Belgique, le centre-ville est piétonnier depuis 2017 avec +30 % de fréquentation touristique et la renaissance du commerce indépendant.
À Milan, la « Zona C » génère 25 millions d’euros annuels réinvestis dans les transports publics, tout en réduisant le trafic de 30%.
Partout, l’économie locale y gagne, selon les études disponibles. Un piéton dépense en moyenne 40 % de plus qu’un automobiliste pressé. Les zones apaisées augmentent la valeur immobilière de 8 à 15 %. La fréquentation des terrasses et commerces de bouche explose.
Pourquoi diable en serait-il autrement à Lyon ?
Souvenons-nous des Berges du Rhône. En 2006, ces espaces emblématiques de notre ville, au cœur de son histoire fluviale, n’étaient que…des parkings! Leur transformation en promenades a créé un lieu de vie ouvert à toutes et tous, devenu incontournable. Un modèle de reconquête urbaine qui fait aujourd’hui référence. Moins de voitures, moins de pollution et d’accidents, et plus de place pour les terrasses, les marchés, le sport, la culture, les animations, la vie de quartier, c’est le sens de l’histoire qui s’écrit à Lyon depuis plus de 20 ans.
À quelques mois des élections municipales et métropolitaines, nous comprenons bien que le débat soit vif et pas toujours empreint de la plus grande sincérité, mais espérons qu’il contribue à hausser le niveau d’exigence dans la mise en œuvre de la ZTL, et non qu’il en abaisse ou en retarde les ambitions.